Histoire de Bléneau

La cité de Bléneau est mentionnée dès le VIè siècle dans un texte officiel (les Statuts de Saint-Aunaire évèque d’Auxerre de 572 à 603) qui énumère les 38 paroisses de la Puisaye. Elle y apparaît comme un centre important. désigné par « Blanoilus cum appendicis suis » (puisqu’il est fait mention de ses dépendances). Cette précision a été rappelée dans les Statuts de Saint-Tétrice évèque d’Auxerre de 691 à 706.

L’origine du nom de Bléneau est incertaine mais elle doit remonter à l’époque gauloise. Compte-tenu des transcriptions linguistiques au cours des âges elle semble provenir de Bélenos le dieu gaulois ( souvent comparé à l’Apollon romain) dont le nom a pu être attribué à une cité où il aurait été plus particulièrement honoré. Une telle origine a été retenue pour le village de Blanot en Saône et Loire. Certains suggèrent une hypothèse différente dans laquelle les racines étymologiques de Bléneau se trouveraient dans les mots celtes « blaên » (pied) et « old » (mont), ce qui permettrait d’évoquer la cité placée au fond de la vallée. La dénomination la plus ancienne connue, Blanoïlus comme cela a été mentionné plus haut, a ensuite évolué au cours du temps en Blanoscus (cf. procès-verbal de consécration de l’autel de l’abbaye de Cluny au XIè siècle), en Blanellum (cf. pouillé du diocèse d’Auxerre au XVè siècle), puis en Blénavium, Blaineau, Blesneau et Bleneau.

Cette cité se trouve entre Auxerre (Autession Duro) et Briare (Brivoduro) à l’endroit où l’ancien chemin appelé « la voie des marchands  » qui reliait ces deux villes, franchissait le Loing (Longam Aquam ). Par Bléneau passait aussi probablement des chemins permettant l’accès par Saint-Sauveur à Entrains (Interanum ) et par Montbouy à Sceaux en Gâtinais (Aquis Ségeste ) qui étaient deux importants centres gallo-romains. Les éléments d’une voie romaine d´Auxerre à Orléans, relevés entre Rogny, Saint-Privé, Saint-Fargeau et Saint-Sauveur, permettent de le penser, d’autant plus que l’exploitation du minerais de fer affleurant sur le sol poyaudin avait besoin de voies de communication pour le commerce des lingots de fer. Cela est attesté par la présence de ferriers (amas de scories des fourneaux fonctionnant au charbon de bois) qui étaient en activité dès l’époque gallo-romaine. Ils manifestent l’importance que cette industrie métallurgique avait dans la plus grande partie de la Puisaye. Bien des ferriers ont disparu après avoir été utilisés au siècle dernier comme complément de minerais de fer et comme matériaux pour la réalisation de nouvelles routes ou le ballastage de voies ferrées.

Bléneau demeure un des pôles des activités agricoles et industrielles de la Puisaye. Des haches de pierre polie telles que celles que l’on peut encore trouver de nos jours sur son sol attestent que dès l’époque néolithique des hommes y vivaient. Des sarcophages de pierre calcaire de Thury ou de Courson sans inscriptions (orientés au levant) de l’époque mérovingienne ou gallo-romaine ont été découverts par Mr Aristide Dey près des Chaumes Blanches en 1832 le long de la route de Rogny, permettent de se souvenir qu´à l´époque gallo-romaine la cité devait être assez florissante pour permettre à quelques-uns de ses habitants d´acheter de telles tombes.

En 1350 une enceinte fortifiée protégeait le bourg contre les armées qui ravageaient le pays. On trouve le tracé de ces remparts sur un plan datant de 1550 que Dom Bénigne-Defarges a présenté dans ses importants travaux historiques sur Bléneau.

Le coeur actuel de la ville a peu changé depuis cette époque hormis l’agrandissement de la place de l’église suite aux démolitions réalisées en 1856. Celles-ci concernent une vieille halle en bois et de plusieurs maisons situées au nord de cette dernière.

La place prit alors le nom de place Chataignier, du nom d’une vieille famille de serruriers et taillandiers dont un de ses membres, Louis-Olivier Chataignier, fut élu maire de la ville de Bléneau en 1868. Il contribua par une donation à l’édification de la fontaine qui porte son nom.