La Charte de Lorris 1140

La Charte de Lorris 1140 une avancée importante

Le Roi Louis 6 le Gros accorda aux habitants de Lorris une charte qui leur donnait des droits. Cette pratique s’est étendue dans d’autres parties de la France et visait à limiter les droits de la noblesse. L’influence des croisades qui a affaibli les seigneurs au profit de la bourgeoisie a permis cette évolution.

Pour la région, au 12 ème siècle le gâtinais, l’auxerrois et le nivernais profitèrent de ce texte. Les seigneurs de Courtenay diffusèrent ces nouvelles règles dans leur domaine.

Principes énoncés par la charte:

Nul habitant de Lorris ne pourra plus être retenu malgré lui dans la châtellenie. S’il s’y trouve mal à l’aise, il est libre de vendre ce qu’il possède et de s’en aller ailleurs;

Nul n’est soumis à aucun droit de marché pour vendre les produits de sa propre culture, ni à aucun droit de péage pour aller aux villes avec lesquelles Lorris a des relations commerciales, savoir: Orléans, Sens et Etampes;

Le seigneur, ni aucun autre, ne peut exiger des habitants aucune exaction, sous le titre de taille, d’oblation ou de prière. Les habitants de Lorris ne doivent que le cens imposé sur leurs maisons et leurs terres;

Ils ne peuvent être soumis qu’à une seule corvée par an;

Pour le service de guerre, on ne pourra les emmener si loin qu’ils ne puissent revenir le soir chez eux;

Après un an de séjour à Lorris, tout étranger s’y trouverait naturalisé et délivré du droit de suite qu’avait contre lui son précédent seigneur.

Cette charte a été copiée et pour l’Yonne; on compte 21 cas.

Les Courtenay accordèrent de franchises à Montargis, Auxerre, Nevers. Jean 1er de Champignelles affranchit en 1302 la châtellerie de La Ferté Loupière (voir dans l’église les peintures murales: danse macabre ).

Pour Bléneau on peut affirmer que dès 1328 les coutumes de Lorris s’appliquaient.

Contrairement aux usages le moulin du seigneur n’était pas banal; il le devint en 1497 en échage d’un droit de pêche. En 1361 le seigneur donna le « moulin Rousseau » (visible en empruntant la route des prés ) ainsi que ses dépendances.

Les fours bannaux sont dans la ville, une rue en garde le souvenir. Il en existe encore un dans une maison rue d’Hocquincourt.

Les autres activités sont sur le Loing (tanneries, foulons, moulins à écorces).

Un hôtel Dieu est fondé par Pierre II de Bléneau en 1395. Il sera supprimé à la révolution par intégration avec celui d’Auxerre. Les bâtiments accueillent aujourd’hui la maison de santé et l’on peut voir à côté une des deux tours des remparts encore debout.